Regarder réellement son cheval

Il est important que vous regardiez l’harmonie qui se dégage de votre cheval lorsque vous le prenez pour faire une séance. Prenez le temps de le regarder à l’arrêt dans les yeux et essayez de lire son regard. C’est simple, il suffit juste que vous respiriez et que vous fassiez abstraction de ce qui vous entoure. Maintenant focalisez-vous sur ce que vous ressentez à l’intérieur de votre corps. Quelle émotion ressentez-vous quand vous le regardez profondément? Ressentez-vous de la sérénité? de l’amour? Ou alors y a t-il quelque chose qui manque? Quelque chose vous gène? Même si vous ne pouvez pas dire quoi sur l’instant, vous sentez forcément si ce que vous ressentez est agréable ou désagréable.

Ensuite,vous pouvez regarder les signes tels que le fouaillement de queue. Ca c’est vraiment très révélateur. Quand le cheval fouaille c’est qu’il se contracte pour une raison ou pour une autre. N’avoir que très peu de fouaillement de queue lors d’une séance montre que votre cheval est décontracté et se sent bien. Bien sûr dès que l’exercice monte en difficulté il peut y avoir quelques fouaillement lors de l’apprentissage mais ça ne devrait être que temporaire et il est possible de respecter complètement le rythme du cheval en l’amenant à comprendre ce qu’on veut de lui à son rythme (mais c’est pas évident). N’oubliez pas que de forcer le cheval à faire quelque chose va vous éloigner de votre cheval. Il se rendra compte que vous ne faîtes ça que pour vous… et le terme RELATION n’a alors plus aucun sens. Si le cheval fouaille souvent posez vous la question: mon cheval se sent-il obligé de faire ce que je lui demande?

Vous pouvez regarder les oreilles. Si elles sont plaquées avec un regard plutôt noir, c’est mauvais signe… Pendant des années Bé me regardait comme ça avec les oreilles couchées lors du stick to me (quand le cheval nous suit), et je me voilais la face, en me disant que c’était normal (mais au fond de moi, bien caché, quelque chose me disait: « je sens que ça va pas », mais je faisais taire cette voix). Quelque temps plus tard, j’ai accepté de voir la réalité en face et en fait nous n’avions pas une relation saine. Bé se sentait obligé de me suivre pour ensuite avoir sa récompense alimentaire. Ca l’embêtait de le faire mais s’il le faisait pas il n’avait pas son bonbon donc il faisait quand même. J’ai mis deux ans à lui expliquer mais tu n’es PAS OBLIGE de faire ce que je demande! (et je pense qu’il reste encore quelque restes). J’ai mis quelques années à lui enlever le fait qu’il s’oblige à faire des choses qui en plus pouvait lui faire du mal physiquement.

Voici donc trois points simples à vérifier pour connaitre l’état mental de votre cheval:

son REGARD: que vous inspire-t-il? Vous seul pouvez le savoir.

sa QUEUE: Fouaille-t-il ou non de la queue? Souvent ou non?

ses OREILLES: Sont-elles souvent plaquées? Dans quelle circonstances?

Et voici quelques questions qui peuvent vous aider à vous recentrer:

Se sent-il obligé de faire quelque chose?
Pourquoi est-ce que je lui demande cet exercice? Pour qui est-ce que je fais ça? Pour lui ou pour moi? Pour nous deux?
(si la réponse est de briller sur Facebook ou de prouver aux autres qu’ils ont tord, il se pourrait que vous le fassiez que pour vous, et dans ce cas jusqu’où irez-vous? Personnellement avec Bé, je l’ai forcé avec du chantage à faire ce que je voulais (inconsciemment évidemment) en me mentant à moi même, biensûr que j’ai culpabilisé quand j’ai arrêté de me voiler la face mais au moins maintenant je vois ce qui est!).